Un parcours vers la mise en œuvre de la résilience d'Internet en Afrique
En résumé :
- L'Union africaine des télécommunications (UAT) a publié un cadre de référence visant à renforcer et à pérenniser la résilience de l'Internet en Afrique.
- Ce cadre présente un processus de résilience en six étapes qui comprend la mobilisation des parties prenantes, l'identification des actifs critiques, l'évaluation des vulnérabilités et des lacunes, ainsi que l'intégration de solutions de résilience dans les stratégies nationales.
- L'adoption de ce cadre devrait se traduire par des améliorations mesurables de la résilience nationale de l'Internet.
La résilience d'Internet est de plus en plus souvent citée comme un élément essentiel au maintien et à l'amélioration de l'accès à Internet.
L'indice « Pulse Internet Resilience » de l'Internet Society a été élaboré dans le cadre du projet « Measuring Internet Resilience in Africa » (MIRA), qui visait à évaluer la capacité d'un pays à maintenir en permanence un niveau acceptable de connectivité Internet.
S'appuyant sur le succès et les efforts de collaboration menés dans le cadre de ce projet, l'Union africaine des télécommunications (UAT) a fait appel à l'Internet Society et au Centre africain d'information sur les réseaux (AFRINIC) afin d'élaborer un cadre de référence visant à renforcer et à pérenniser la résilience de l'Internet en Afrique.
Publié en juin de l'année dernière, ce cadre a pour objectif d'aider les pays africains à améliorer leurs écosystèmes Internet et à réduire les risques susceptibles d'amplifier l'impact de perturbations telles que les coupures de câbles sous-marins, les défaillances des infrastructures Internet et les défauts de conception pouvant créer des points de défaillance uniques au niveau national.
Ce cadre, qui s'adresse principalement aux autorités de régulation, aux ministères chargés des TIC et aux décideurs politiques, s'articule autour de trois domaines interdépendants :
- Infrastructures critiques : systèmes matériels et logiciels indispensables au fonctionnement d'Internet, notamment les infrastructures de câbles sous-marins, les points d'échange Internet (IXP) et les infrastructures des domaines de premier niveau nationaux (ccTLD).
- Résilience des réseaux et des fournisseurs d'accès à Internet : les réseaux qui assurent l'interconnexion et fournissent des services Internet aux citoyens, notamment en matière de redondance, de routage et de bonnes pratiques opérationnelles.
- Résilience du marché : ce terme désigne la capacité du marché local de l'Internet à s'autoréguler, à préserver sa diversité et à garantir des tarifs abordables.
Ce cadre présente un processus de résilience en six étapes qui comprend la mobilisation des parties prenantes, l'identification des actifs critiques, l'évaluation des vulnérabilités et des lacunes, ainsi que l'intégration de solutions de résilience dans les stratégies nationales. Ce processus aide les décideurs à mettre en œuvre des mesures visant à anticiper, à résister, à se remettre et à s'adapter aux perturbations, garantissant ainsi la stabilité des services Internet même en cas d'incidents majeurs.
Obtenir des résultats rapides et tangibles
La prochaine étape du projet consiste à mettre en œuvre ce cadre.
L'ATU, l'Internet Society et l'AFRINIC continueront cette année à promouvoir ce document-cadre dans diverses instances, en souhaitant collaborer avec les parties prenantes concernées pour mettre en œuvre ces lignes directrices. Parmi les résultats attendus dans la région, on peut citer :
- Augmenter le nombre de points d'échange Internet (IXP) opérationnels.
- Développer et diversifier les infrastructures d'accès à Internet par câble terrestre, en orbite terrestre basse et sous-marine.
- Améliorer la résilience et la redondance des itinéraires des FAI et des opérateurs de réseau.
- Mettre en œuvre des politiques réglementaires visant à favoriser la concurrence afin d'améliorer l'accessibilité financière et de stimuler les investissements dans les nouvelles technologies, notamment la 5G.
L'adoption de ce cadre devrait se traduire par des améliorations mesurables de la résilience nationale de l'Internet au cours des mois et des années à venir — une évolution que nous suivrons à travers l'indice Pulse de résilience de l'Internet et les rapports nationaux Pulse.
En renforçant les infrastructures, en améliorant l'exploitation des réseaux et en favorisant des conditions de marché résilientes, l'Afrique peut évoluer vers un Internet plus abordable et plus accessible, mais aussi plus fiable, plus sûr et capable de soutenir le développement numérique à long terme.
Photo : Internet Society / Nyani Quarmyne / Panos Pictures
