Coupure au niveau national
Services Internet mobiles
Le samedi 3 février 2024, le gouvernement sénégalais a soudainement reporté les prochaines élections présidentielles prévues le 25 février. Face aux manifestations généralisées qui ont suivi cette annonce, le ministère sénégalais de la Communication, des Télécommunications et de l'Économie numérique a ordonné la coupure de l'accès aux données mobiles, invoquant la diffusion de « messages haineux et subversifs ».
Impact local
Le samedi 3 février 2024, le gouvernement sénégalais a soudainement reporté les prochaines élections présidentielles prévues le 25 février. Face aux manifestations généralisées qui ont suivi cette annonce, le ministère sénégalais de la Communication, des Télécommunications et de l'Économie numérique a ordonné la coupure de l'accès aux données mobiles, invoquant la diffusion de « messages haineux et subversifs ».
Documentation correspondante
Le 4 février 2024, le ministère sénégalais de la Communication, des Télécommunications et de l'Économie numérique a publié le communiqué suivant, indiquant que l'accès à Internet mobile serait suspendu.
Autres informations à l’appui
Suite à des consignes visant à bloquer l'accès aux données mobiles, les utilisateurs de Sudatel-Sénégal ont subi une coupure à partir du 4 février 2024 à 22 h 00 UTC, suivis par ceux de Tigo le 5 février à partir de 9 h 30 UTC, comme le montrent les données de Cloudflare Radar ci-dessous.
Réseaux sociaux
Mobile internet blocked in Senegal’s capital Dakar.
— Samira Sawlani (@samirasawlani) February 5, 2024
This after president Macky Sall announced postponement of 25th February 2024 election - a decision the National Assembly will debate today.
Police fired teargas at demonstrators who took to the streets in protest over the move. pic.twitter.com/KNFoOqDk8R
Traffic on AS37196 (Sudatel Senegal / Expresso Telecom) initially dropped at 22:00 UTC on February 4, the suspension time specified in the communique.
— Cloudflare Radar (@CloudflareRadar) February 5, 2024
It recovered between 07:30 and 09:30 UTC this morning, but is again experiencing an outage.https://t.co/YXfODQmJ28 pic.twitter.com/AuvVAeaHwL
Couverture médiatique
[Traduction] Position de la section sénégalaise de l’Internet Society contre les coupures d’Internet par données mobiles au Sénégal Dans un communiqué de presse daté du 4 février 2024, l’autorité chargée des télécommunications et de l’économie numérique a annoncé la « suspension temporaire de l’accès à Internet par données mobiles ». La section sénégalaise de l’Internet Society (ISOC-SN) exprime sa profonde émotion face à ce qui semble devenir la réponse privilégiée des pouvoirs publics chaque fois que des troubles à l’ordre public surviennent. L’ISOC-SN est une association de droit sénégalais affiliée à l’Internet Society (une organisation mondiale basée aux États-Unis), qui milite en faveur d’un Internet ouvert à tous sans exception, connecté à l’échelle mondiale, sécurisé et fiable. Nous, l’ISOC-SN, sommes conscients de l’impact négatif, sur le plan économique, de telles mesures disproportionnées prises sans aucune consultation, et nous appelons les autorités à lever cette mesure dans les plus brefs délais et à explorer d’autres voies et moyens pour une utilisation responsable d’Internet par les citoyens. Nous rappelons qu’une journée d’interruption d’Internet, au-delà de son impact social, entraîne une perte estimée à plus de 100 millions de FCFA sur le PIB (voir https://pulse.internetsociety) et qu’en termes d’accumulation des pertes économiques consécutives à ces coupures, le Sénégal figure sur le podium africain pour 2023 selon la dernière étude de Top10VPN. Nous rappelons une nouvelle fois que notre pays est l’un des États pionniers de l’Internet en Afrique et que le Sénégal émergent ne peut se permettre d’être cité parmi les pays où les politiques d’interruption d’Internet sont devenues le nouveau modèle de régulation du cyberespace. Les réseaux sociaux sont le miroir de nos sociétés, qui ne font que refléter le bon et le mauvais de ce monde. L’ISOC-SN réaffirme son engagement à œuvrer en faveur d’une utilisation responsable des réseaux sociaux et rappelle enfin que « l’espace numérique » n’est pas un espace de non-droit. Pour l’ISOC-SN, Jean-Jacques Ntab, président
