Coupure au niveau national
À la suite des élections présidentielles contestées d'août 2020, le gouvernement biélorusse a mis en œuvre une série de coupures stratégiques d'Internet afin de réprimer les manifestations de masse et les grèves syndicales réclamant la démission du président Alexandre Loukachenko. Cet incident s'est produit lors d'une escalade critique de la mobilisation civile, coïncidant avec des débrayages à grande échelle dans les usines d'État et les principales entreprises industrielles à travers le pays.
Contrairement aux coupures totales observées au lendemain des élections, cette phase s’est caractérisée par une dégradation systématique des réseaux et un filtrage ciblé. Des mesures techniques ont mis en évidence des blocages spécifiques sur les plateformes de messagerie — notamment Telegram — et les réseaux sociaux, ainsi qu’une limitation délibérée du débit des données mobiles dans les zones situées à proximité des grands sites industriels et des lieux de rassemblement des manifestants. Ces mesures visaient à entraver la coordination des grèves dans les usines et à empêcher la diffusion en temps réel des troubles civils.
Autres informations à l’appui
L'accès à Internet aurait été interrompu après que le président Alexandre Loukachenko a été hué par des ouvriers lors de sa visite dans une usine publique de camions militaires, alors que des extraits vidéo de l'incident commençaient à circuler sur Internet. Le dirigeant de longue date est confronté à des manifestations persistantes, considérées comme les plus importantes de l’histoire du pays, qui ont débuté après sa réélection au début du mois, à l’issue d’un scrutin que les manifestants qualifient de truqué. Les données fournies par Oracle Internet Intelligence et le Center for Applied Internet Data Analysis corroborent les informations locales faisant état d’une perturbation du réseau.
ORACLE INTERNET INTELLIGENCE
CAIDA IODA
