Compte rendu de l'atelier sur la résilience de l'Internet en Afrique de l'Ouest

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L'année dernière, mon ami Kehinde Adegboyega et moi-même avons participé au Pulse Internet Measurement Forum, au Nigeria, afin de discuter des défis et des opportunités liés à l'amélioration de la résilience d'Internet dans ce pays et dans la région.

Inspirés par cette discussion, nous avons contacté l’Internet Society afin de lui proposer d’organiser un événement similaire dans le cadre du Forum sur les droits numériques et l’inclusion (DRIF), qui rassemble des représentants du gouvernement, du pouvoir législatif, de la société civile, d’organisations non gouvernementales, des militants, du monde universitaire, de la communauté technique et du secteur privé pour aborder divers sujets axés sur l’inclusion numérique et les droits numériques.

Le mois dernier, j'ai aidé Internet Society Pulse et la Coalition des défenseurs des droits numériques d'Afrique de l'Ouest à co-organiser et à animer un atelier interactif de deux jours à Abidjan, en Côte d'Ivoire, en prélude au DRIF 2026.

Trente et un invités venus du Mali, du Nigeria, de la Sierra Leone et de la Côte d'Ivoire — représentant les pouvoirs publics, le monde universitaire, la société civile et le secteur privé — se sont réunis pour partager leurs expériences et les défis liés à la résilience d'Internet, ainsi que pour mener une réflexion critique sur des solutions viables.

Le groupe a mené plusieurs discussions approfondies et interactives, solidement fondées sur des données et des réalités concrètes, qui ont notamment porté sur :

  • Lacunes en matière d'infrastructures : notamment les défis liés au « premier kilomètre », au « kilomètre intermédiaire » et surtout au « dernier kilomètre », la capacité de calcul locale limitée et la répartition inégale des infrastructures.
  • Accessibilité financière : coûts élevés des données mobiles, dépendance vis-à-vis du haut débit mobile et accès limité au haut débit fixe dans toute la région.
  • Contraintes en matière d'alimentation électrique et d'énergie : un approvisionnement en électricité peu fiable et la nécessité de solutions énergétiques plus résilientes et renouvelables pour soutenir l'infrastructure Internet.

Ces discussions ont fait naître un sentiment commun d'urgence et ont donné lieu à un appel à l'action visant à renforcer la résilience d'Internet dans toute la région et sur l'ensemble du continent.

Les exposés et les débats ont fourni aux participants le contexte et l'inspiration nécessaires pour travailler au sein de groupes multipartites afin d'identifier les lacunes dans les données actuelles et les besoins logistiques indispensables à l'amélioration de la connectivité, de la fiabilité et de l'accessibilité financière de l'Internet.

Table 1 — What challenges participants identified and solutions they proposed.
Challenges Proposed solutions
  • Low penetration rate in rural areas (20%-30%).
  • Dependence on submarine cables to access popular content stored in other countries/continents.
  • Prioritize cross-border fiber deployment and LEO solutions to increase redundancy and Internet penetration in rural areas.
  • There is no consolidated data on local Internet service pricing, including the percentage of international bandwidth costs in the final end-user price.
  • Conduct quantitative research to identify all structural factors used to calculate end-user costs for Internet services.
  • Lack of neighborhood-level data linking infrastructure quality to the success/failure of transactions.
  • Aggregated operator data is available but not accessible.

Conduct a pilot comparative study targeting isolated areas (Target Communes: Abidjan and Freetown) to quantify the impact of "last mile" infrastructure quality on the availability and cost-effectiveness of Mobile Money services to prioritize high-impact investments.

Photos des affiches de chaque groupe
Figure 1 — Chaque groupe a travaillé sur une proposition de recherche en identifiant d'abord les défis et les solutions possibles, avant de se concentrer sur une solution et de planifier la manière de la mettre en œuvre.

Bien que bon nombre des principaux défis abordés soient bien connus des parties prenantes, cet exercice d'élaboration d'une proposition de recherche a permis aux participants de s'appuyer sur la diversité de leurs expériences et de leurs cultures pour commencer à réfléchir à la manière dont ils pourraient, collectivement, valider ces défis et/ou y apporter des solutions viables.

Afin de tester ces propositions, nous les avons également présentées aux participants lors d’une session du DRIF 2026 intitulée «Plaidoyer en faveur d’une plus grande résilience de l’Internet en Afrique de l’Ouest ». Les participants ont tous reconnu la nécessité de l’ensemble de ces propositions, bien que deux axes de discussion particulièrement enrichissants aient émergé de cette session d’une heure :

  • Comment les services essentiels peuvent-ils rester opérationnels lors de pannes majeures, notamment en cas de rupture de câbles sous-marins, en mettant l'accent sur l'hébergement de contenus locaux, l'interconnexion régionale et la coordination des politiques ?
  • Comment pouvons-nous renforcer nos infrastructures Internet, alors que les réseaux 4G et 5G sont loin d'atteindre les débits indiqués par les tests de vitesse?

L'Internet Society prévoit de collaborer avec des partenaires locaux afin d'étudier la faisabilité de la mise en œuvre d'au moins l'une de ces propositions et de mener un projet, dans le but de présenter les résultats et d'organiser à nouveau cet atelier lors du DRIF 2027.

Nous espérons pouvoir créer un effet d'entraînement en matière de recherche, de développement et d'intérêt autour de la résilience d'Internet au sein de cette communauté, afin de soutenir sa mission qui consiste à mettre en place des solutions concrètes répondant aux principales préoccupations en matière de droits numériques et d'inclusion.

Enfin, je tiens à remercier mes co-animateurs, Kehinde Adegboyega et Jean-Baptiste Millogo, ainsi que Paradigm Initiative, pour leur aide et pour nous avoir accueillis au DRIF. Je tiens également à saluer tout particulièrement la section ivoirienne de l’Internet Society ainsi que les représentants des sections du Mali, de la Sierra Leone et du Togo. Leur contribution, qu’il s’agisse de la coordination sur le terrain ou des analyses contextuelles qui ont permis d’ancrer fermement les discussions dans les réalités régionales, a été évidente. Leur leadership et leur engagement ont joué un rôle essentiel pour garantir une forte participation et la pertinence des échanges.

Envoyez un e-mail à [email protected] si vous souhaitez accueillir, établir un partenariat, parrainer ou animer des sessions lors des prochains événements Pulse. Et consultez régulièrement la page dédiée aux événements Pulse pour connaître les dates à venir.

Israel Olatunji Tijani est data scientist et fondateur de ChatVE.

Les opinions exprimées par les auteurs de cet article de blog n'engagent qu'eux-mêmes et ne reflètent pas nécessairement celles de l'Internet Society.